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Un espace pour respirer et me souvenir de ce que j'aime… Un lieu aussi où nous serons deux à nous exprimer, Marcelle et Jean-Louis.
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jeudi 8 mai 2008

Au nom du père

Au nom du père,

J'ai bâti à regret mon arche parmi des cistes et des lavandes, à l'ouest d'un grand chêne rejailli de la forêt primaire —j'aimais la rumeur des villes, les senteurs de filles, et les actes réglés des gens conséquents.
Le silence est si vaste qu'on entend s'user l'éternité. Le soir, quand je tète aux étoiles, un sanglier tout noir vient creuser sous mes pieds. Il vole mes glands et me traite de fou, mais j'ai trois colombes apprivoisées. La première roucoule en latin, la seconde picore mes péchés, la dernière m'observe de biais. Un matin, sur les coups de dix heures, car j'ai toujours aimé traîner au lit, elle portera mon âme au Ciel. Faites, mon Père, qu'elle ait assez mangé.
Au nom du Fils et de la Fille,
J'ai cru mourir d'enfanter du bout des lèvres, un vent blond si léger qu'il s'est envolé par dessus les cyprès.
Ainsi soit que demain vienne,
sous le paillasson taché d'encre à ma porte, j'ai glissé des mots, amour, rire, souffrance, et toutes ces choses piquantes dont on accommode d'ordinaire le souvenir en salade.
Pour vous ?
M.G.

Texte écrit pour L'embarcadère, un ouvrage conçu et illustré par Alain Pouillet, Lyon 1993

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